ZOARTOÏSTE : L’enfance de l’art

In: Notes de lecture

On: 19 septembre 2017

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Théâtre * poésie

Catherine Gil Alcala

Paru en novembre 2016 aux éditions la Maison brûlée, 136 pages

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Zoartoïste de Catherine Gil Alcala aux éditions de la Maison brûlée

Catherine Gil Alcala, Zoartoïste © Éditions la Maison brûlée, 2016

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SI VOUS AIMEZ  le jeu, si vous aimez la tragédie grecque et les spectacles contemporains de performance, si vous aimez l’art quand il sauve et le théâtre quand il est cathartique, alors vous aimerez sans doute Zoartoïste de Catherine Gil Alcala.

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Photo-Catherine-Gil-Alcala

.Photo : Catherine Gil Alcala

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LE RÉSUMÉ

Un rite des morts et des renaissances.
Le flot des vies jaillit du corps morcelé, ensorcelé de Zoartoïste dans les éclats des miroirs.
« Zoartoïste… prononce une voix de noyé dans un rêve, c’est le nom d’une divinité animale du monde archaïque ou d’un démiurge industrieux dans la dent creuse d’une caverne tellurique.
Les esprits s’agitent et vitupèrent autour des dormeurs dans le vacarme de la mort.
Arto l’autiste rase les murs dans un abîme de sons. »

Source : Éditions  La Maison brûlée

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR     

Il arrive quelquefois que le titre d’une oeuvre porte en lui toute l’originalité d’une démarche artistique. C’est le cas du texte de Catherine Gil Alcala, Zoartoïste, paru en 2016 aux éditions de La Maison brûlée. Comme une énigme littéraire, le néologisme qui débute par un « Z » – les mots français qui présentent une initiale en « z » sont très rares – apparaît d’emblée au lecteur comme un assemblage aléatoire de syllabes éclatées qui auraient été opportunément prélevées dans d’autres mots. Cette esthétique que j’appellerai de « bouts de ficelle » – bricoleuse et ludique – sert de garde-fou à une écriture poétique échevelée qui se justifie par son rapport étroit à l’enfance. Entre théâtre et poésie, Zoartoïste trouve en effet son centre de gravité autour du jeu. 

Jeu scénique tout d’abord avec une oeuvre qui s’organise en 15 miroirs. La raison d’être du théâtre n’est plus ici de donner à voir (scènes), mais de refléter (miroirs), comme pris sur le vif dans le public, tout un pan universel de l’être : l’expérience commune non seulement de la vie et de la mort, mais aussi, en particulier, de l’enfance, ce temps de « l’initiation » ressenti par le personnage éponyme de la pièce, Zoartoïste, comme un passage à haut risque, « une traversée de la mer incendiée ». 

Jeux de langue ensuite avec un style hallucinatoire, où l’image et le son coexistent dans un « flux de visions et de projections », haletant, intense, destiné aux performances, aux prouesses oratoires des comédiens. Énumérations, listes interminables, exclamations, onomatopées se mettent au service d’une exploration incantatoire de cette « hémorragie de l’imaginaire » qui, autour du verbe créateur, construit chaque petit d’homme : les rêves, les terreurs nocturnes, les cauchemars, les « images empoisonnées », les « mirages » et les « cris à l’unisson des hallucinations ». 

Jeu tragique enfin avec un texte nourri de mythologie grecque. Dans le sillage des grands auteurs tragiques – Eschyle, Sophocle, Euripide – , Zoartoïste cherche par le biais de l’émotion cathartique à désamorcer toutes les folies qui menacent. Car «  la mort n’est rien qu’un jeu d’enfant » et partout « le monde mythologique jaillit dans la plaie ouverte du traumatisme ». 

Mais dans chaque artiste sommeille un enfant et le jeu créatif, le jeu de rôles, le théâtre, l’art s’inventent aussi au fil de ces premiers éclats du logos et au gré des premiers émois imaginatifs de l’être. Si l’on se souvient qu’en grec ancien, « zoe » signifie la vie, le néologisme « Zoartoïste » esquisse alors un art de vivre, où l’art occupe une place centrale, s’élève même au rang de religion, à en croire la terminaison du mot qui évoque le taoïsme. Oeuvre électrique, traversée d’une puissante vitalité, Zoartoïste s’offre ainsi à lire comme une défense brûlante de l’art qui construit l’être et qui sauve. 

O.d’Harnois

 

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Pour en savoir plus

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❖ Catherine Gil Alcala

a longtemps navigué entre plusieurs disciplines, la poésie, le théâtre, la performance, la musique, les arts plastiques… Expérimenter en toute liberté pour traduire le langage de l’inconscient, des rêves, de la folie… qui sont ses obsessions, ses thèmes de prédilection.
Depuis quelques années, elle privilégie l’écriture, plusieurs de ses textes ont été joués au théâtre ou ont fait l’objet de performances musicalo-poétiques. 
Maelström excrémentiel, son poème érotique surréaliste, a été représenté au Théâtre des Déchargeurs et au festival d’Avignon. 
Elle conçoit une expo-performance de ses poupées et de ses poèmes : Doll’art ou les Épopées de Pimpesouée, dans le cadre du Festival Fou et du Festival Meuf’elle, et au Musée du Montparnasse des performances musicalo-poétiques à partir de ses aphorismes Les Contes défaits en forme de liste de course.
Sa pièce James Joyce fuit…

Lire la suite sur le site : Les éditions de La Maison brûlée 

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❖ Le site de l’éditeur : Éditions de la Maison brûlée

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❖ Paru en juin 2017 aux éditions la Maison brûlée un autre recueil de poésie de Catherine Gil Alcala : La Somnambule dans une Traînée de Soufre

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❖ À propos des liens qui se tissent entre théâtre et performance sur les scènes contemporaines :

Fabula, Atelier littéraire : Théâtre et performance (www.fabula.org)

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