UNE DEMOISELLE COMME IL FAUT : Un malicieux travail d’anthropologue

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 27 juin 2013

 

Roman

 Barbara Pym

Publié en 1989 aux Editions Christian Bourgois, 332 pages

Réédité en 2007 aux Editions Christian Bourgois, Collection Titre, 319 pages

Traduit de l’anglais par Martine Béquié avec la collaboration d’Anne-Marie Augustyniak

Titre original : An Unsuitable Attachment

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Barbara Pym, Une Demoiselle comme il faut © Christian Bourgois, 1989

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SI VOUS AIMEZ le thé, les presbytères et les demoiselles anglaises, si vous aimez les chats et les petits riens du quotidien, si vous aimez l’observation perspicace des mouvements du coeur et l’ironie, quand elle est mâtinée de tendresse, alors vous aimerez sans doute Une demoiselle comme il faut de Barbara Pym.

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Visuel_Barbara_PYm_Une_demoiselle_comme_il_fautBarbara Pym, Une Demoiselle comme il faut © Christian Bourgois, Collection Titre,  2007

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RÉSUMÉ

Ianthe, bientôt trente ans, séduisante, intelligente et élégante, n’a toujours pas trouvé de mari. Quand un jeune homme s’intéresse enfin à elle, les demandes en mariage s’enchaînent subitement. De son côté, Pénélope, jeune beatnik au visage préraphaélite, attend désespérément l’âme soeur. Quant aux voisins, ils papotent et traficotent, entre ventes de charité et voyage à Rome.

Source : Editions Christian Bourgois

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR  

Romancière britannique (1913-1980), Barbara Pym a connu une carrière littéraire inégale. Après un succès fulgurant dans les années cinquante, elle disparaît peu à peu du paysage littéraire, faute de trouver un éditeur qui consente à la publier. En 1977, un article du Times Literary Supplement la tire finalement de l’oubli en la désignant comme l’écrivain « le plus sous-estimé du siècle ». Elle obtient alors le Booker Prize pour son roman Quatuor d’automne.

La publication posthume en 1982 d’un texte écrit en 1963 et intitulé Une Demoiselle comme il faut (An Unsuitable Attachment) suscite un regain d’intérêt pour l’oeuvre de cet écrivain atypique. Pour cette femme, qui joua un grand rôle à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans la publication du journal Africa de l’International African Institut de Londres, le romancier et l’anthropologue ont « plus de choses en commun que certaines personnes ne le supposent », cf Une Demoiselle comme il faut, page 155. Barbara Pym n’hésite donc pas à se lancer dans une étude des us et coutumes de la société anglaise avec autant de malice que de jubilation. Rien ne lui échappe des petits travers de ses semblables. Un à un, elle démonte les rouages et les mécanismes d’une société corsetée par un amour démesuré des convenances. Au fil des jours qui se suivent dans une monotonie rassurante, l’écrivain met à nu les hypocrisies ordinaires d’une petite communauté paroissiale. Il faut la chaleur et l’exotisme d’un voyage en Italie pour qu’à la faveur d’un dépaysement salutaire, certains paroissiens accèdent contre toute attente à une meilleure connaissance d’eux-mêmes et identifient enfin leurs désirs les plus secrets.

Dans ce roman, où l’intrigue, telle un encéphalogramme plat, souligne à la fois l’inactivité et le manque de vitalité des protagonistes, la romancière déploie un art savant de la litote pour suggérer plus que pour décrire les affres de ces vies modestes. Avec une ironie malicieuse, elle dresse un tableau attendri d’une humanité bridée par le regard d’autrui. Comme il est difficile de parvenir au bonheur, quand il faut satisfaire aux exigences sociales. Barbara Pym orchestre ainsi un minutieux ballet, où les personnages, chacun à leur tour, sont étudiés, analysés et passés au crible de la critique par leurs voisins, leurs amis ou leurs collègues. De cette galerie de caractères juste esquissés, où se succèdent sans gloire de fastidieux anthropologues, d’ennuyeux bibliothécaires, de fâcheuses bigotes de presbytère et des trentenaires terrifiées à l’idée de ne jamais se marier se dégage un discret parfum de polémique. Mais en ancrant délibérément sa critique sociale dans l’univers presque douillet d’un pasteur anglican et de ses ouailles, Barbara Pym réussit à extraire de cette succession de portraits sans lustre ni panache quelques gouttes précieuses de l’essence même de l’humain.

Odile d’Harnois

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Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur 

Photo à la une de l’article : Barbara Pym.

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4 comments

Répondre dsaquarelles
30 juin 2013

J’adore Barbara Pym 🙂

Répondre Lectures au Coeur
1 juillet 2013

🙂

Répondre barbaragarciacarpi
29 juin 2013

Il dois être très intéressant… Merci, Odile, je vais le chercher.

Répondre Lectures au Coeur
30 juin 2013

Bonne lecture 🙂

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