UN JOUR, UN POÈTE : Jacques Brault

In: Un jour un poète

On: 31 octobre 2018

Photographie © Odile d'Harnois

 

 

 

 

 

 

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Le chemin

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Le chemin   le chemin noir

le chemin dur à parcourir

et droit comme un glaçon de gouttière

chemin perdu   trouvé   reperdu

et qui vous tient à l’écart du ciel

chemin de cendres et silences

écoutant sous le friable de neige

les yeux qui s’ouvrent des morts

en forme de plain-chant

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et seul devant ces regards qu’assène l’obscur

avec au-dessous de moi ce chemin

en craquements de vieille terre

seul avec l’effroi aux ailes effrangées

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je pense à toi par ce chemin d’haleine basse

je sais qu’il n’y a plus de royaumes

entre ces murs maigres j’entends

le bruit du temps qui se ferme

le chemin s’effondre sous les pas

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et je sens sur mon épaule un vent de nuit

mes mains renversées ne versent que vide

le chemin noir   encore plus noir le chemin

le chemin   sans fin   bordé de noir

les larmes se figent sur mes joues

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chemin où je suis de glace

et vieux

   très vieux

           tout à coup

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Jacques Brault (Montréal, 1933) – Extrait de L’En-dessous l’admirable, Les Presses de l’Université de Montréal, 1975

 

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   Photographie © Odile d'Harnois

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Pour en savoir plus

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 Jacques Brault (Montréal, 1933)

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❖ Une biographie

Né à Montréal en 1933, Jacques Brault, poète, romancier et essayiste, poursuit des études classiques au Collège Sainte-Marie puis à l’Université de Montréal, où il obtient un baccalauréat en philosophie et une maîtrise en arts; il étudie également en France, à Paris et à Poitiers. De 1960 à 1996, il est professeur à l’Institut des sciences médiévales et au département d’études françaises de l’Université de Montréal. Depuis 1970 il collabore à de nombreuses émissions littéraires pour Radio-Canada FM et sur les ondes de la Communauté radiophonique de langue française.

Traduite en plusieurs langues, l’oeuvre de Jacques Brault a été récompensée par de nombreuses distinctions : le Prix Québec-Paris pour Mémoire en 1968; le Prix Duvernay en 1978; le Prix Athanase-David en 1986; le Prix du Gouverneur général du Canada 1970 pour sa pièce de théâtre Quand nous serons heureux publiée dans Trois Partitions, et pour son roman Agonie en 1985. En 1991, il reçoit le Prix Alain-Grandbois pour Il n’y a plus de chemin. En 1996, il reçoit le prix Gilles-Corbeil pour l’ensemble de son œuvre. En 1999, sa traduction de l’oeuvre de E. D. Blodgett (Transfiguration) lui vaut le Prix du Gouveneur général. La Société des écrivains francophones d’Amérique lui décerne en 2007 son Prix de poésie, pour l’Artisan.

Source : Katia Stockman pour L’île ( L’infocentre littéraire des écrivains québécois)

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❖ Autres poèmes 

▫︎ Poèmes à écouter : Jacques Brault, Poèmes ⎢Lu et mis en ligne sur YouTube par Danielle Ros :

  • « Longtemps j’ai cru »,  L’en dessous l’admirable, Presses de l’Université de Montréal, 1975
  • « S’il y a des cieux … », Poèmes des quatre côtés, Éditions du Noroît, 1975
  • « Presque silence » Moments fragiles (avec onze lavis de l’auteur), Éditions du Noroît, 1984  

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1 comments

Répondre Caroline D.
31 octobre 2018

Oui, Jacques Brault. Je vais m’y plonger un peu, tiens.
Et cette photo. Merci, Odile.

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