UN FILM, UN UNIVERS : Paterson

In: Chroniques Ciné

On: 10 janvier 2017

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Drame, Comédie

Un film réalisé en 2016 par

Jim Jarmusch

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© Le Pacte

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SI VOUS AIMEZ les bus, les cupcakes et les bouledogues anglais, si vous aimez les petites choses, les amours tendres et les grands écrivains, si vous aimez le cinéma pourvu qu’il soit poétique et qu’il cherche à percer les secrets de la création littéraire, alors vous aimerez sans doute Paterson de Jim Jarmusch.

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Photographie : Golshifteh Farahani, Adam Driver

© Le Pacte

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SYNOPSIS

Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas… 

Source : Le Pacte

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR      ♥️♥️♥️♥️

Présenté en compétition au 69e Festival de Cannes au printemps 2016, Paterson de Jim Jarmusch est l’un de ces petits trésors d’originalité et de tendresse qui nous confortent dans l’idée que le cinéma n’a rien perdu de sa magie originelle. Construit sur une homonymie signifiante, le film que le réalisateur américain a mûri durant plus de vingt ans nous immerge dans le quotidien de Paterson (Adam Driver), un jeune conducteur de bus qui porte le même nom que la ville du New-Jersey où il mène une existence tranquille auprès de sa compagne Laura (Golshifteh Farahani) et de son bouledogue anglais, Marvin. Comme Pétrarque, le poète florentin qui met en vers son amour pour Laure, Paterson écrit des poèmes à la femme de sa vie. Pavé d’heureuses coïncidences et de clins d’oeil amusés, le récit filmique dresse ainsi le portrait tendre et touchant d’un homme convaincu que l’humilité de sa condition ne lui permettra jamais de marcher sur les traces de son poète favori, William-Carlos Williams, originaire de la même ville que lui et connu pour être l’un des plus grands noms de la poésie nord-américaine du XXe siècle. Tiraillé entre la puissance de son élan créateur symbolisé par Paterson, le livre le plus abouti de Williams, et la force d’inertie de Paterson, la ville en déclin, le jeune Paterson cherche sa voie dans la monotonie des jours. Mais autour de lui, le monde dans sa modestie est traversé de mille beautés dont il s’imprègne lentement, presque malgré lui. Une boîte d’allumettes suffit à nourrir son inspiration. Et maille après maille, au fil des trajets en bus qui le mènent d’un bout à l’autre de la ville, Paterson tisse une oeuvre dont il ne sait que faire. Malgré les encouragements de Laura qui l’invite à publier son travail, il résiste, comme si le mot « bus » ne pouvait décidément rimer avec « talent ». Il faudra attendre qu’il fasse une rencontre inattendue pour le voir au final reprendre confiance.

Film poétique qui s’attarde sur les mécanismes de la création littéraire, Paterson insère dans l’image les mots qui se cherchent, qui s’écrivent, qui s’organisent en un condensé de sensations et d’émotions. Signés en réalité Ron Padgett, l’un des poètes contemporains préférés de Jim Jarmusch, les poèmes de Paterson irriguent le film comme une musique indépendante, une mélodie qui en souligne toute la délicatesse. Le travail du cinéaste sur l’image est d’une grande précision. Dans le lit du jeune couple, côté muse, les draps sont bleus, couleur de rêve. Jarmusch soigne les lignes, la lumière, le décor. Il compose. Il insuffle ainsi à Laura une passion pour le noir et blanc qui contamine peu à peu – rideaux, nappes, guitare et cupcakes – tous les espaces intérieurs du foyer. C’est drôle, inventif, parfois proche de la fable ou de la bande-dessinée. Quant à Marvin, le chien de Paterson, il est à lui seul le fil rouge désopilant qui convaincra tous les amateurs de comédie de se précipiter en salles pour découvrir cet excellent cru de Jim Jarmusch.

O.d’Harnois

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Photographie à la une de l’article : Adam Driver © Le Pacte

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Pour en savoir plus

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 ❖ Biographie (AlloCiné) : Jim Jarmusch

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❖ Conférence de presse – Cannes 2016 – VF : Paterson  (Vidéo YouTube)

1 comments

Répondre Anita
11 janvier 2017

C’est aussi le genre de film que j’aime regarder le week end
Je l’ai pas encore vu et donc je te remercie pour la découverte
Bisous

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