UN CAILLOU DANS UN CREUX : Un essai mélodique pour approcher le mystère de la poésie

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 29 juillet 2016

 

Essai mélodique

Jérôme Thélot

Paru en mai 2016 aux éditions Manucius, Collection Le Marteau sans maître, 52 pages

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Jérôme Thélot, Un caillou dans un creux © Éditions Manucius, Le Marteau sans maître, 2016

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SI VOUS AIMEZ la philosophie, l’art et la beauté, si vous aimez le surcroît de vie et de lumière qui nourrit la poésie, si vous aimez les essais qui tentent avec audace de nouvelles approches formelles pour amener le lecteur à réfléchir, alors vous aimerez sans doute Un caillou dans un creux : Notes sur le poétique de Jérôme Thélot.

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Photo : Jérôme Thélot

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LE RÉSUMÉ

Poésie est le nom de la mémoire quand, se faisant désécriture, elle rend l’individu à son essence immémoriale.

« L’espoir luit comme un caillou dans un creux », dit Verlaine. 

Source : Éditions Manucius

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR    

Professeur à l’université de Lyon, philologue et critique littéraire, Jérôme Thélot a publié en mai 2016 aux éditions Manucius un ouvrage inclassable intitulé Un caillou dans un creux. Réflexion philosophique qui cherche à définir la poésie et à cerner les raisons essentielles de sa singularité littéraire, ce bref essai présente la particularité de sortir des sentiers battus du genre. En choisissant pour son titre une image empruntée à Verlaine, Jérôme Thélot place d’emblée son livre sous le signe de la musicalité. Comme le poète français qui revendiquait dans son art poétique « de la musique avant toute chose », le philosophe entreprend de construire son essai comme une partition, où la précision du raisonnement s’allierait à la sensibilité de l’émotion. Dans un texte en deux mouvements, l’écrivain rompt en effet avec le discours philosophique traditionnel. À partir du présupposé que « notre malédiction universelle et singulière (…) est que nous parlons mal », il se lance dans un premier temps dans une analyse rationnelle du poétique. Succession de fragments qui suivent le déroulement logique de la pensée, ce premier volet, exposé sec et rigoureux, est indissociable de la deuxième partie qui fait référence aux maîtres à penser « bien aimés » du philosophe. Pascal, Rousseau, Vigny, Baudelaire, mais aussi Bonnefoy ou Simone Weil apparaissent dans cette chambre d’échos où chaque microtexte, à la manière d’une note dans une partition musicale, participe de la création d’une harmonie qui le dépasse et le justifie. « Ni aphorismes, ni maximes, ni fragments », les notes de Jérôme Thélot, parce qu’elles s’inscrivent dans une démarche créative, parce qu’elles renvoient également au lien affectif  qui attachent le disciple à ses maîtres, inventent ainsi une mélodie du texte, où l’expression sensible soutient le discours rationnel. Extraits signifiants, allégories, anecdotes qui mettent en scène des artistes, de Géricault à Coltrane, citations brèves et flamboyantes brodent ainsi point à point un éloge de la poésie qui « donne à son lecteur le sentiment d’une beauté bouleversante » et qui est seule capable de lever la malédiction originelle qui pèse sur le langage des hommes en lui offrant à la fois un surcroît de vie et de sens. Texte ardu, mais traversé du souffle exaltant de nombreux poètes, Un caillou dans un creux rappelle que la poésie « transcende la sauvagerie de l’histoire » et ce faisant, vient combler le vide qui nous sépare encore de la lumière.

O.d’Harnois

4 comments

Répondre Laziz Habibi
31 juillet 2016

Votre texte nous donne envie d’en savoir plus sur ce livre d’exception;

Répondre lecturesaucoeur
1 août 2016

Ravie que cet article pique votre curiosité …
Merci à vous de vous être arrêté dans notre rubrique littéraire et bienvenue sur Lectures au Coeur !

Répondre Aliénor
30 juillet 2016

Merci pour cette belle présentation. Passionnée de poésie, en ecrivant à mes heures perdues, je rajoute cet essai à ma liste de lecture…

Répondre Caroline D
29 juillet 2016

Quel beau texte, Odile, que le vôtre. Qui donne envie de lire ce livre, de l’avoir quelque part tout près, pour le souffle surtout, et malgré l’ardu de la chose.

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