TOP TEN – 10 grands romans sur la Grande Guerre

In: Les sélections de Lectures au Coeur

On: 11 décembre 2013

Top 10

10 grands romans sur la Grande Guerre

————————————————————————————-

.

.

.

A l’occasion des commémorations du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, Lectures au Coeur vous propose une sélection de 10 grands romans, qui ont puisé leur inspiration dans l’horreur de la Grande Guerre. Des témoignages de la première heure jusqu’au nouveau roman de Pierre Lemaître, tout juste récompensé par le prix Goncourt, le premier conflit d’envergure mondiale s’ancre aussi dans nos mémoires par le biais de la littérature. Découvrez ou redécouvrez ces grands textes, qui vous plongeront avec effroi et passion au coeur de l’Histoire.

Odile d’Harnois

.

.

.

 

______________________________________________

Le feu_Barbusse

Henri Barbusse, Le Feu © Editions Payot, Collection Petite Bibliothèque Payot, 2012

______________________________________________

 

H. BARBUSSE, Le Feu, Gallimard, 1916

Sous-titré « Journal d’une escouade », Le Feu témoigne de la vie quotidienne d’une escouade de fantassins après deux années de guerre. Ce roman, où l’argot des poilus tient une place importante, a obtenu le Prix Goncourt en 1916.

Henri Barbusse (1873-1935) a lui-même été soldat dans les tranchées avant de devenir brancardier.

______________________________________________

 

L.-F. CELINE, Voyage au bout de la nuit

Denoël, 1932 ; Casse-pipe, Chambriand, 1949

Le narrateur du Voyage au bout de la nuit, Bardamu, s’engage dans l’armée sans savoir à quoi s’attendre. Une fois sur le front, il découvre que la guerre s’ouvre sur des abîmes de bêtise, de lâcheté, de cruauté et d’horreur. Dans une langue d’une grande modernité, Céline nous livre une vision de la condition humaine d’une grande noirceur. Voyage au bout de la nuit a reçu le Prix Renaudot en 1932. En 1988, le roman est réédité aux Editions Futuropolis en version illustrée par Jacques Tardi, cf Illustration à la Une de l’article.

L.-F. Céline (1894-1961), né Louis Destouches, arrive sur le front en octobre 1914, où il est rapidement blessé.

______________________________________________

B. CENDRARS, La Main coupée

Denoël, 1946

Deuxième volet des « mémoires » de l’écrivain, La Main coupée relate la douloureuse expérience de Blaise Cendrars, qui fut amputé de la main droite après avoir été blessé au combat en septembre 1915. Ce n’est qu’au lendemain de la Libération que Cendrars peut achever ce récit qu’il avait entrepris dès 1918, mais que le souvenir traumatique de la guerre et de sa blessure l’empêchait de mener à bien.

Ecrivain français d’origine suisse, Blaise Cendrars (Frédéric Louis Sauser, 1887-1961) s’engage comme volontaire étranger dans l’armée française dès 1914 et rejoint la Légion étrangère.

______________________________________________

R. DORGELES, Les Croix de bois

Albin Michel, 1919

Avec Les Croix de bois, c’est son expérience personnelle des tranchées que Roland Dorgelès met par écrit. Il dresse un tableau exhaustif et glaçant de la guerre qui n’a pas d’autre vocation que d’honorer les morts. En 1919, Les Croix de bois remportent le Prix Femina.

Roland Dorgelès (Roland Lécavelé, 1885-1973) combat avec le 39e RI en Champagne et en Artois. En 1916, il passe dans l’aviation et quitte le front en 1917, suite à un accident.

______________________________________________

J. DOS PASSOS, L’Initiation d’un homme : 1917

Gallimard, 1920

A partir de son journal de guerre tenu en 1917, John Dos Passos tire un roman très personnel, où son héros, Martin Howel, fraîchement débarqué à Bordeaux, découvre soudain la tragédie d’une guerre qui est omniprésente dans tous les aspects de la vie.

Romancier américain, John Dos Passos (1896-1970) s’engagea comme ambulancier, à 21 ans, sur le front français.

______________________________________________

E. HEMINGWAY, L’Adieu aux armes

Gallimard, 1929

Paru sous le titre original A Farewell to Arms, ce récit, écrit à la première personne, raconte l’histoire d’amour tragique du lieutenant Frédéric Henry, jeune volontaire américain, blessé sur le front d’Italie, et d’une infirmière anglaise de la Croix-Rouge postée à Milan. Roman d’initiation, L’Adieu aux armes se présente aussi comme un vibrant plaidoyer contre toutes les souffrances infligées par la guerre.

En mai 1918, Ernest Hemingway (1899-1961) rejoint comme ambulancier le front italien, où il est grièvement blessé aux jambes. L’écrivain britannique rentre chez lui en janvier 1919, après avoir passé la majeure partie de son temps de guerre dans un hôpital.

______________________________________________

P. LEMAITRE, Au revoir là-haut

Albin Michel, 2013

Premier roman historique de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut s’attarde sur l’après de la Grande Guerre. L’écrivain français se penche sur le sort de deux survivants, qui décident de prendre leur revanche sur un destin douloureux, enfanté sur le champ de bataille sous les ordres d’un gradé sans pitié.

Au revoir là-haut a reçu le prix Goncourt en 2013.

______________________________________________

R. MARTIN du GARD, Les Thibault

Gallimard, 1922

8 volumes, en particulier L’Eté 1914

Dans son cycle romanesque intitulé Les Thibault,  Roger Martin du Gard s’appuie sur une abondante documentation pour analyser les tenants et les aboutissants du conflit mondial. L’Été 14, avant-dernier volume, dépeint ses deux héros, Jacques et Antoine, aux prises avec des forces qui les dépassent et les conduisent à une mort certaine. Le premier, déserteur, disparaît dans un accident d’avion, alors qu’il distribuait des tracts pacifistes. Et son frère, le docteur Antoine, gazé au front, succombe des suites de ses blessures.

Roger Martin du Gard (1981-1958) a servi dans des unités automobiles de 1914 à 1919. Il a reçu pour l’ensemble de son œuvre le prix Nobel de littérature en 1937.

______________________________________________

E.M.REMARQUE, A l’Ouest rien de nouveau

Propyläen-Verlag,1929

Paru sous le titre original Im Westen nichts Neues, ce roman allemand délivre un message pacifiste. Le narrateur, Paul Bäumer, parti au front avec ses camarades de classe, découvre la violence de la « sale guerre » et l’incompréhension qui se creuse entre les soldats et les civils.

Mobilisé en 1916, Erich Maria Remarque, né Erich Paul Remark (1898-1970), rentre du front un an plus tard à cause d’une blessure aux mains. Alors qu’il est contraint de renoncer à une carrière de musicien, son roman À l’Ouest rien de nouveau connaît un succès fulgurant.

______________________________________________

J.ROUAUD, Les Champs d’honneur

Editions de Minuit,1989

Récit autobiographique qui tourne autour des thématiques de la famille et de la mémoire, le roman de Jean Rouaud s’attarde sur le souvenir des deux oncles de l’auteur, morts au « champ d’honneur » en 1916. Impérissable, le souvenir de la Grande Guerre ne cesse de planer au-dessus de l’histoire familiale et de la nourrir, de génération en génération.

Jean Rouaud, né en 1952, est récompensé par le Prix Goncourt, en 1990, pour Les Champs d’honneur, son premier roman.

______________________________________________

Visuel_Les_Champs_d_honneur

Jean Rouaud, Les Champs d’honneur © Editions de Minuit, Collection Double, 1995

______________________________________________

.

.

;

Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur 

Photo à la une de l’article : Illustration de Tardi

4 comments

Répondre jmplumauzille
11 juin 2014

J’aurais ajouté – mais peut-on parler de roman ? – les écrits de guerre de Maurice Genevoix, regroupés sous le titre générique « Ceux de 14 ». Loin de l’écriture un brin grandiloquente et très « 19ème siècle » d’un Barbusse, on a ici un récit sans fioritures, à l’écriture simple, concise, qui m’a totalement fait approcher la réalité d’une compagnie qui va de relèves en premières lignes, avec ses petits bonheur et ses petites misères, quelque part près de Verdun… jusqu’à l’attaque apocalyptique de la crête des Éparges où l’écrit, dans sa simplicité ne fait que mieux ressortir l’épouvante. Quelque chose de totalement poignant qui m’avait amené un beau matin de mai 1995 à faire le voyage jusqu’aux Éparges, petit hommage à ceux qui sont tombés là…

Répondre Lectures au Coeur
14 juin 2014

Tout d’abord, merci pour ce commentaire fort riche.
Je n’ai pas eu l’occasion de lire les écrits de guerre de Maurice Genevoix, mais c’est néanmoins un auteur que je connais pour avoir lu son roman « Raboliot », prix Goncourt 1925. Votre description de ce recueil et les impressions que vous en avez retirées ont suscité chez moi un grand intérêt. Et pour avoir été moi-même sensible aux souffrances endurées de part et d’autre dans ce premier conflit d’ampleur internationale, je comprends que vous ayez fait le voyage jusqu’à Eparges. Il y a des lieux qui semblent comme investis de la mission sacrée de nous transmettre la puissance douloureuse des événements qui les ont à jamais marqués. Un peu comme si la terre avait absorbé les frissons d’horreur et les cris et n’en finissait plus de les laisser transpirer…

Répondre francisroyo
11 décembre 2013

Que du lourd. Aucun à retirer. Tous indispensables.

Répondre Lectures au Coeur
11 décembre 2013

Ce sont autant de lectures inoubliables.

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :