ROME, LE MYSTÈRE (65) : On va se séparer doucement

In: Rome le mystère

On: 23 janvier 2019

Photographie © Odile d'Harnois

On va se séparer doucement, là


voilà,

gentiment,


comme on est venus


de l’un à l’autre


de l’autre à l’un.


On va apprendre à se désapprendre,


là, doucement


comme on est devenus


un peu


de l’un en l’autre


à se chercher l’horizon.


On va en rester là, les deux pieds


alignés bien droits.


On va garder pour après


C’est toute une vie ça, tu sais.


Et tout sera comme avant.

.

Il suffit d’écarter le cœur


et le ventre


De couper à la racine


que ça ne repousse pas


Couper chaque membre


l’un après l’autre


et demeurer silencieux à ce qu’on croit bouger encore.

.

Il suffit d’arracher les yeux


qu’il n’y ait plus de ciel trop grand


Il suffit d’ôter la peau, qu’une autre vienne


la même


mais pas tout à fait.


Il suffit de tailler les hanches


comme on taille les arbres pour qu’un printemps plus vif renaisse


Il suffit de remuer ce qui n’est pas tout à fait mort


Ailleurs


Laisser la place à ce qui fut


Chercher d’où vient le courant des eaux mortes du fleuve


.

Etreindre une fois encore les regrets


les mêmes


sans que l’on sache lequel est usure lequel est usé


On n’a jamais su vraiment


si on voulait savoir tout à fait

.

Il suffit d’être


sans toi


Il suffit qu’aimer ne suffit pas


là, gentiment


du fond de nos inutiles

.

———————————————————————-

Isabelle Bonat-Luciani (Née en 1974)

Traduit de l’italien par Silvia Guzzi et Isabelle De Merteuil

*

Ci separeremo piano piano, così


ecco,


buoni buoni,


come siamo venuti


dall’uno all’altro


dall’altro all’uno.


Impareremo a disapprenderci,


così, piano piano


come siamo divenuti


un poco


dall’uno nell’altro


a cercarci l’orizzonte.


Ci fermeremo qui, i due piedi


allineati, ben dritti.


Metteremo da parte per dopo


È una vita intera questa, sai.


E tutto sarà come prima.

.


Basta gettar via il cuore


e la pancia


Tagliare alla radice


che non rispunti più


Tagliare ogni membro


uno dopo l’altro


e rimanere silenziosi a ciò che crediamo si muova ancora

.


Basta strappare gli occhi


che non ci sia più cielo troppo grande


Basta levare la pelle, che ne venga un’altra


la stessa


ma non del tutto.


Basta potare i fianchi


come si potano gli alberi perché rinasca una primavera più viva


Basta smuovere ciò che non è del tutto morto


Altrove


Lasciare il posto a ciò che fu


Cercare da dove viene la corrente delle acque morte del fiume


Stringere una volta ancora i rimpianti


gli stessi


senza sapere qual è usura e qual è usato


Non abbiamo mai saputo davvero


se volevamo sapere del tutto

.


Basta essere


senza te


Basta che amare non basta


così, buoni buoni


dal fondo dei nostri inutili

.

—————————————————————————————–

Isabelle Bonat-Luciani (Nata nel 1974)

Photographie © Odile d’Harnois

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Pour en savoir plus

Isabelle Bonat-Luciani (Nata nel 1974)

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❖ Une biographie


Née en 1974, Isabelle Bonat-Luciani a publié certains de ses textes dans les revues de poésie et de création littéraire suivantes : Autour des auteurs ; remue.net ; Terre à ciel ; People are strange ; Ce qui reste ; Métèque ; La Piscine ; Marlène Tissot et Compagnie ; Le Festival Permanent des Mots. Elle a publié son premier recueil Quand bien même aux éditions Les Carnets du Dessert de Lune en 2016. Et aussi les arbres est son deuxième recueil.

❖ Le site d’ Isabelle Bonat-Luciani :  L’ un dans l’autre

❖ Le site de Silvia Guzzi : Traductions.it

❖ Notes de lecture

  • Philippe Leuck,  « Et aussi les arbres » d’ Isabelle Bonat-Luciani  ⎢Revue Texture

     

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