ROME, LE MYSTÈRE (60) : Qui suis-je ?

In: Rome le mystère

On: 21 octobre 2018

Photographie © Odile d'Harnois

 

 

 

 

 

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Qui suis-je ?

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Qui suis-je ?

Suis-je peut-être un poète ?

Certainement pas.

Elle n’écrit qu’un mot, bien étrange,

La plume de mon âme :

Folie.

Suis-je donc un peintre ?

Non plus.

Elle n’a qu’une couleur

La palette de mon âme :

Mélancolie.

Un musicien, alors ?

Pas davantage.

Il n’ y a qu’une note

Sur le clavier de mon âme :

Nostalgie.

Suis-je donc… que suis-je ?

Je mets une loupe

Devant mon coeur

Pour bien le montrer aux passants.

Qui suis-je ?

Le saltimbanque de mon âme.

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Aldo Palazzeschi (1885-1974) – Anthologie bilingue de la poésie italienne, Gallimard, 1994

 

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Chi sono ?

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Chi sono ?

Son forse un poeta ?

No certo.

Non scrive che una parola, ben strana,

La penna dell’anima mia :

Follìa.

Son dunque un pittore ?

Neanche.

Non à che un colore

La tavolozza dell’anima mia :

Malinconìa.

Un musico allora ?

Nemmeno.

Non c’è che una nota

Nella tastiera dell’anima mia :

Nostalgìa.

Son dunque… che cosa ?

Io metto una lente

Dinanzi al mio cuore

Per farlo vedere alla gente.

Chi sono ?

Il saltimbanco dell’anima mia.

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Aldo Palazzeschi (1885-1974) – Tutte le poesie, Milan, 2002

 

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              Photographie © Odile d'Harnois 
Buste de Stésichore, poète lyrique (640?- 555? av.J.-C. env.)
       Visible au parc de la Villa Borghese, Rome

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Pour en savoir plus

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Aldo Palazzeschi  (1885-1974)

Images may be subject to copyright

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❖ Une biographie

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Né le 2 février 1885 à Florence, Aldo Palazzeschi ( pseudonyme d’Aldo Giurlani) est un poète et un romancier italien. Fils de commerçants aisés, il entreprend d’abord poussé par son père des études commerciales. Pourtant, souhaitant pouvoir se dédier au théâtre il commence à fréquenter l’école « Tommaso Salvini » en 1902. Il est probable qu’il ait renoncé à signer de son nom de famille pour Palazzeschi en raison du désaccord avec son père sur son projet de carrière. Il publie son premier recueil de poésie, d’inspiration crépusculaire, « Cavalli bianchi » en 1905, à compte d’auteur, chez un éditeur imaginaire, Cesare Blanc (le nom de son chat) et l’année suivante il abandonne le théâtre pour se vouer entièrement à la poésie.

De 1909 à 1914, il adhère au mouvement futuriste fondé par Filippo Marinetti. Ses œuvres publiées dans le cadre du futurisme sont « L’incendiario » (1910) et « Il codice Perelà » (1911) réécrit en 1955 sous le titre « Perelà uomo di fumo ». Il devient l’un des plus importants collaborateurs de la revue du mouvement « Lacerba », dans laquelle il contribue à écrire des essais de théorisation du futurisme, parmi lesquels l’article « La contre-douleur » (1914) restera le plus connu. Il commence à cette période à contribuer à la revue « La Voce » de Giuseppe De Robertis.

En 1914, Palazzeschi, pacifiste, rompt avec les futuristes à cause de leur position interventionniste dans la Grande Guerre. Bien qu’étant réformé, il est mobilisé pour quelques mois en tant que soldat du génie durant l’été 1916 avant de rester en garnison à Florence, Rome, puis Tivoli.

Après la guerre (…)

 

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❖ Autres poèmes

  • Poème à lire en version bilingue :   » La fontaine malade « Lectures au Coeur

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