ROME, LE MYSTÈRE (59) : Les bergers

In: Rome le mystère

On: 28 septembre 2018

Photographie © Odile d'Harnois

 

 

 

 

 

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Les bergers

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Septembre, allons : il est temps de partir.

Au pays des Abruzzes mes bergers maintenant

Abandonnent les parcs et s’en vont vers la mer.

Ils descendent vers l’Adriatique sauvage,

Qui est verte comme les pâturages des monts.

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Ils ont bu profondément aux sources

Alpestres, pour que la saveur de l’eau natale

Reste dans leurs cœurs d’exilés et les réconforte,

Pour qu’elle trompe longtemps leur soif en chemin.

Ils ont renouvelé leur houlette de coudrier.

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Et ils descendent le long de l’antique sentier vers la plaine

Comme à travers un fleuve d’herbes silencieux,

Suivant les traces de leurs lointains aïeux.

Oh ! le cri de celui qui, le premier, 

Aperçoit le frémissement de la mer !

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Maintenant, le long du littoral chemine

Le troupeau. Pas un changement dans l’air,

Le soleil blondit à tel point cette vivante laine 

Qu’à peine si on la distingue du sable.

Bruit de vagues, bruit de pas, douces rumeurs.

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Ah ! pourquoi ne suis-je pas avec mes bergers ?

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Gabriele D’Annunzio (1863-1938) – Extrait d’une Anthologie bilingue de la poésie italienne

Traduction : Collectif de traducteurs

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I pastori

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Settembre, andiamo. È tempo di migrare.

Ora in terra d’Abruzzi i miei pastori

lascian gli stazzi e vanno verso il mare:

scendono all’Adriatico selvaggio

che verde è come i pascoli dei monti.

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Han bevuto profondamente ai fonti

alpestri, che sapor d’acqua natia

rimanga ne’ cuori esuli a conforto,

che lungo illuda la lor sete in via.

Rinnovato hanno verga d’avellano.

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E vanno pel tratturo antico al piano,

quasi per un erbal fiume silente,

su le vestigia degli antichi padri.

O voce di colui che primamente

conosce il tremolar della marina!

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Ora lungh’esso il litoral cammina

la greggia. Senza mutamento è l’aria.

Il sole imbionda sì la viva lana

che quasi dalla sabbia non divaria.

Isciacquio, calpestio, dolci romori.

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Ah perché non son io co’ miei pastori?

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Gabriele D’Annunzio (1863-1938) – Da Alcyone, 1903

 

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              Photographie © Odile d'Harnois

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Pour en savoir plus

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.gabriele d'annunzio (1863-1938) poète

Gabriele D’Annunzio (1863-1938)

Images may be subject to copyright

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❖ Une biographie

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Gabriele D’Annunzio naît le 12 mars 1863 à Pescara, et non, comme il se plut à le dire lui-même, sur un brigantin au large de l’Adriatique. Ses ennemis – et ils furent nombreux – lui contestèrent son nom, en l’appelant Rapagnetta. En réalité, son père, petit bourgeois impécunieux, avait porté ce patronyme mais il avait été adopté, à l’âge de treize ans par un oncle, D’Annunzio, qui lui légua, avec son immense fortune, son nom.

(…)

Lire la suite sur le site de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique

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❖ Autres poèmes

  • Poème à lire en version bilingue :  « Souvenir de Trévi »Lectures au Coeur

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❖  Une oeuvre, des émissions radiophoniques

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1 comments

Répondre Pierrette J
1 octobre 2018

Bel écrit magnifiquement illustré par ce N/B flou …j’aime beaucoup <3

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