LES ENFANTS DU JAZZ : « La touche de désastre » de Francis Scott Fitzgerald

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 6 juin 2013

Recueil de nouvelles 

Francis Scott Fitzgerald

Paru en 2009 aux Editions Gallimard, Collection Folio Bilingue, 179 pages

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Les enfants du jazz_Fitzgerald

Francis Scott Fitzgerald, Les enfants du jazz © Editions Gallimard, 2009

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SI VOUS AIMEZ les nouvelles, les éditions bilingues, les histoires tristes, les plongées lucides au coeur de l’humain, les regards désenchantés, la sobriété des écritures classiques, alors vous aimerez sans doute Les enfants du jazz, le recueil de nouvelles choisies de Francis Scott Fitzgerald.

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 Francis Scott Fitzgerald

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PRÉSENTATION DE L’ÉDITEUR

Ces quelques nouvelles plongent le lecteur dans les années 1920, que les Américains appellent Jazz Age et dont Francis Scott Fitzgerald est un des écrivains les plus représentatifs. Avec son regard tendre et désabusé, il recrée un monde brillant dans lequel ses héros portent tous une fêlure.

Source : Editions Gallimard 

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L’AVIS DE LECTURES AU CŒUR

Tirées du recueil Tales ot the Jazz Age (1922) hormis Chaud et froid qui fut publiée dans le volume suivant, All the Sad Young Men (1926), les quatre histoires du présent Folio ont toutes en commun de présenter la marque de Fitzgerald : elles ne finissent pas bien. The Saturday Evening Post, l’un des plus prospères magazines des années 1920, s’était très vite inquiété de la propension naturelle de l’écrivain à choquer ses lecteurs dans des récits, qui se distinguaient par une inévitable « touche de désastre ». Car bien qu’il reconnût volontiers que l’écriture de nouvelles ne constituait pour lui qu’un moyen de vivre, le romancier avait bien du mal à se conformer au « genre de pauvretés » que les journaux de l’époque attendaient de lui.

Les quatre nouvelles choisies de ce recueil, Guimauve, Tarquin des bas quartiers, Chaud et froid, Jemina la fille des montagnes, se présentent comme un ensemble disparate, où ni le jazz ni les années 1920 ne semblent nourrir l’écriture. Alors que Tarquin des bas quartiers entraîne le lecteur dans l’Angleterre du XVIe siècle, les trois autres récits se focalisent davantage sur des caractères que sur une évocation de la fièvre des années Folles. Le retour en grâce de Fitzgerald dans les librairies depuis la sortie du film de Baz Luhrmann, Gatsby le Magnifique, s’il suffit à expliquer la réédition des nouvelles de l’écrivain américain n’excuse pas la légèreté avec laquelle ce recueil de morceaux choisis semble avoir été composé.

Quoi qu’il en soit, la plume de Fitzgerald sait avec la froide précision d’un scalpel débusquer chez ses contemporains les fragilités qui attestent de leur humanité, mais qui les font dans le même temps basculer dans l’absurde ou le grotesque. Ambivalents, les personnages du romancier suscitent compassion et hostilité. Guimauve est-il un malheureux accablé par le destin ou une pâte molle dévoyée par le jeu et les dés ? Le mauvais garçon de Tarquin des bas quartiers est-il un ignoble violeur ou un dramaturge génial ? Dans Chaud et froid, Jim Mather fait-il preuve d’égoïsme ou bien incarne-t-il une générosité exemplaire ? Enfin, Jemina, la fille des montagnes, est-elle une victime de la bêtise familiale ou une héroïne romantique ? Dans chacun de ces textes, Fitzgerald fait cohabiter dans le cœur de ses personnages le bien et le mal, le noir et le blanc, et cela est fait dans de telles proportions que les récits basculent dans de pessimistes visions de l’humanité, où le ridicule le dispute à l’accablement.

Aisées à lire, dans leur texte original ou dans leur traduction, ces quatre nouvelles doivent être envisagées comme un bon moyen de découvrir l’oeuvre littéraire de Fitzgerald. Malgré le peu d’ambition du présent Folio, on peut néanmoins le recommander à toutes les personnes qui souhaiteraient améliorer leur compréhension de l’anglais.

Odile d’Harnois

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Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur 

Photo à la une de l’article : Francis Scott Fitzgerald

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1 comments

Répondre Arielle
6 juin 2013

Fitzgerald…. j’adoooooooooooore !!!

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