LE SENS DE L’ORIENTATION : Un récit mélancolique sur les affres de l’égarement

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 15 mai 2015

 

.Récit

Arrigo Lessana

Paru en janvier 2015 aux éditions Christian Bourgois, Collection Littérature Française, 179 pages

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 Arrigo Lessana, Le sens de l’orientation © Christian Bourgois éditeur, Collection Littérature Française, 2015

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SI VOUS AIMEZ les romans empreints de modernité à l’écriture aisée, si vous aimez les textes ironiques sous-tendus de mélancolie, si vous aimez les métaphores filées quand elles guident le récit, alors vous aimerez sans doute Le sens de l’orientation d’ Arrigo Lessana.

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Arrigo Lessana

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RÉSUMÉ

Ferdinand aime la moto, le foot, la montagne. Bien concentré sur son métier de chirurgien du coeur, il est mal orienté dans sa vie amoureuse. Sa femme le quitte. Dans un Paris imaginaire, il trace une nouvelle carte du Tendre et rencontre Paola au café de l’Etoile du Nord.

« Comme le jour, qui se lève toujours, Ferdinand vint à penser, ravi, qu’elle viendrait toujours, confondant le toujours d’aujourd’hui avec l’autre, le toujours à venir, dont personne ne sait rien.»

Ferdinand consulte son médecin des âmes, Valentin, qui dilue ses propres émotions dans le jeu. Une irrésistible ascension semblera tracer son destin dans la neige. 

Un récit délicat, ironique, percutant.

Source : Christain Bourgois Éditeur

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR     

Avoir le sens de l’orientation, cela n’est pas donné à tout le monde. Surtout quand il s’agit du coeur et de ses impitoyables errances. Pour Ferdinand, qui assiste impuissant à la déliquescence de son couple, la vie brusquement se transforme en une étrange déambulation, presque hallucinée, dans un quotidien qui semble s’être rangé sous le signe de l’absurde. Du couloir où il attend deux fois par semaine, près de la volière aux mésanges, d’être reçu par Valentin, son psychanalyste, à la salle d’opération où il exerce avec sérieux son métier de chirurgien du coeur, la géographie intime de Ferdinand se resserre tout à coup autour de Paola, une mystérieuse Italienne qu’il aime à croiser au bar de l’Etoile du Nord. Malgré son expertise médicale de cardiologue et sa foi dans la science, Ferdinand, déboussolé, se prend alors à espérer un miracle d’amour qui le remette sur le bon chemin, celui du bonheur.

Né à Paris de parents italiens, Arrigo Lessana, qui a été lui-même chirurgien du coeur pendant plus de trente ans, signe avec son deuxième récit, Le sens de l’orientation, un texte sec et nerveux, qui oscille entre quête identitaire et peinture de moeurs. Comme un double de l’auteur, Ferdinand, coincé à la confluence culturelle de la France et de l’Italie, se cherche, balance, hésite, entre deux femmes que tout oppose, mais aussi entre les civilisations dont elles sont devenues les chantres involontaires. En digne héritière de Descartes, la première, Eléonore, mathématicienne et chercheuse, mise tout sur la raison. C’est elle que Ferdinand a d’abord épousée. Face à elle, Paola, superstitieuse, intuitive, enchanteresse, qui cultive la fantaisie comme un art de vivre, est la maîtresse dont il rêve. Comme l’aiguille d’une boussole oscille entre deux pôles, Ferdinand, divisé, flotte indécis entre deux rêves d’amour inconciliables, deux aspirations contraires, deux parts essentielles de son être. Alors, au point de jonction de la France et de l’Italie, dans les Alpes, à proximité du tunnel du Mont Blanc, Ferdinand tente en compagnie de Pascal, l’ami de toujours, une difficile descente à ski, une prouesse sportive qui sonne comme un ultime effort pour trouver sa voie vers l’unité.

Tableau ironique et désabusé d’une société en mal d’amour, Le sens de l’orientation charrie dans son texte éclaté à la manière d’un scénario de film les accents profonds et noirs de la mélancolie. Sous le masque de la légèreté, l’égarement amoureux flirte avec la tragédie. Car pour s’orienter dans les méandres secrets du coeur, ni les boussoles ni la constellation de Cassiopée ne suffisent jamais vraiment à retrouver le Nord.

Odile d’Harnois

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Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur – Photo dans le cours de l’article : Arrigo Lessana

Photo à la une de l’article © Odile d’Harnois

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