L’ARDOISE : Un sens de la formule jubilatoire

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 23 janvier 2015

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Journal

Stéphane Prat

Paru en mars 2009 aux éditions Asphodèle, Collection Minuscule, 52 pages

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L_ardoise_couvertureStéphane Prat, L’ardoise © Editions Asphodèle, 2009

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SI VOUS AIMEZ les textes courts, abrupts, et le mouvement rageur des écritures passionnées, si vous aimez les aphorismes et l’humour, surtout quand il est noir, si vous aimez le sens de la provocation et la spontanéité narquoise, alors vous aimerez sans doute L’ardoise de Stéphane Prat.

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Photo Stéphane Prat © Images may be subject to copyright

Photo Stéphane Prat 

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RÉSUMÉ

Ce n’est pas facile de vivre au Moyen-Age avec un homme qui chaque matin efface de l’ardoise la liste des courses et des choses à faire pour y écrire un aphorisme qui ne veut le plus souvent rien dire …

C’est ce qu’elle a dit aux policiers en leur tendant le tranchelard maculé de raisiné O positif.

(l’effet Manchot, p 23)

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Quand on se met en tête de cogiter au jour le jour, d’inscrire en une ou deux phrases ses pistes, ses impasses ou ses émotions quotidiennes, on ne peut se figurer manquer de souffle pour une distance aussi courte, un exploit aussi inutile et infinitésimal. Mais bientôt, on ne distingue déjà plus, depuis le large, que les sillons de ses propres imaginaires et cogitant livrés à l’instant, et on n’a plus d’autre recours que la vie et son phrasé insensé, cocasse et répétitif.

L’ardoise est le scénario spontané d’un effacement quotidien : phrases, cogitations, poèmes courts, faits et récits en chute libre livrés sur mon blog « L’esquive du manchot-épaulard » d’octobre à décembre 2008.

Source : Stéphane Prat, Éditions Asphodèle

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.L’AVIS DE LECTURES AU COEUR   

Compilation des articles publiés par Stéphane Prat d’octobre à décembre 2008 sur son blog «L’esquive du manchot-épaulard», L’ardoise bouscule les règles tacites du genre littéraire qu’est le journal. Pas de chronologie ni de calendrier dans cette succession de micro-récits et d’aphorismes. A la place, une liste de noms ou d’expressions présentés comme les titres de ce qui s’apparente bien à une précieuse collection d’idées. En tête de liste, «L’ardoise», titre éponyme de l’oeuvre, inaugure cette incursion sans préavis dans l’univers de l’auteur. «Le monde, écrit ainsi Stéphane Prat en guise d’ouverture, est une représentation sans théâtre, sans entrée, sans entracte, sans rappel.» Brouillon, éphémère, le jeu social, d’où l’art et la solennité sont évacués au quotidien, happe et entraîne chacun de ses acteurs dans un mouvement sans fin. Tout passe, tout s’efface. Et si l’écrivain se mêle de compiler des idées fugitives, le livre n’en demeure pas moins cette ardoise, d’où les mots viendront aussi à disparaître, emportés par l’usure du temps.

De cette entreprise dérisoire que devient alors l’acte d’écrire, Stéphane Prat ne veut conserver que la beauté cocasse de l’instant. Avec un sens de la formule souvent jubilatoire, il déroule ainsi trois mois d’idées jetées sans emphase sur le papier. Epaulé par une verve caustique et un humour aussi subtil que noir, il manie le paradoxe et l’aphorisme avec une aisance de bretteur. Phrases lapidaires qui tombent comme un couperet et sentences sans appel sont autant de coups d’épée qui font mouche. Il y a chez Prat un vrai talent à débusquer en quelques mots bien choisis les contradictions de l’âme humaine. Quelques poésies et autres courts récits viennent compléter ce tableau gentiment satirique. Ne manquez pas celui qui s’intitule «La censure» et qui rappelle avec drôlerie les lois qui régissent la liberté d’expression dans les cours de récré. L’ardoise se lit, s’abandonne, se reprend comme un vin de pays qu’on savoure à petites gorgées : avec un certain bonheur.

Odile d’Harnois

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Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur 

Photo à la une de l’article : Stéphane Prat

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Pour en savoir plus


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❖ Les éditions Asphodèle : Le site

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❖ La revue littéraire trimestrielle Le Grognard (2007 – 2012) :

a. Présentation

b. Le blog de la revue

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2 comments

Répondre lettrem
24 janvier 2015

Je prends note. Merci pour le partage 🙂

Répondre Lectures au Coeur
24 janvier 2015

Merci de votre visite 🙂

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