LA CACHETTE DU DIABLE : Un premier roman à la verve endiablée

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 6 juin 2015

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.Roman

Carlos Acosta

Traduit de l’espagnol (Cuba) par Serge Mestre

Paru le 8 juin 2015 aux éditions Kero, Collection Littérature étrangère, 432 pages

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Carlos Acosta, La cachette du diable © Editions Kero, Collection Littérature étrangère, 2015

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SI VOUS AIMEZ Cuba et son histoire mouvementée, si vous aimez la magie noire et les sagas familiales quand elles sont ponctuées de morts brutales et d’amours passionnelles, si vous aimez les textes coulés dans une oralité brute, alors vous aimerez sans doute La Cachette du diable de Carlos Acosta.

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Photo : Carlos Acosta © Jonathan Ring

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RÉSUMÉ

Le jour où Oscar Kortico se retrouve seul au monde, il se souvient des paroles de son grand-père : «On ne peut pas savoir qui l’on est vraiment avant de connaître son propre passé, son histoire et aussi celle de son pays.» Sur les traces de sa famille, il part à la recherche du minuscule hameau de Pata de Puerco, fondé dans les années 1800 par ses ancêtres.

Qui étaient ces esclaves fugitifs aux haines féroces, aux amours improbables, et que signifie cette amulette étrange, un collier avec un pied de cochon séché, qui a donné son nom au hameau et qui constitue le seul héritage d’Oscar ? Au cours de sa quête, Oscar plongera dans son passé familial et dans celui de son île, son peuple…

Source : Éditions Kero

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR       

De Cuba, Carlos Acosta, le danseur de ballet à la réputation internationale, né à La Havane en 1973, a conservé le goût de la magie. Celle qui charme les âmes et transfigure le quotidien. Dans La Cachette du diable, un premier roman à la verve ensorcelante, il laisse éclater un indéniable talent de conteur. Pour Oscar, qui part à la recherche de ses ancêtres comme on part à la découverte de soi, le minuscule hameau de Pata de Puerco ( en français Pied de Cochon) se révèle être bientôt comme une cachette du diable, un point névralgique sur l’arbre généalogique d’Oscar. Car depuis la fondation du village au XIXe siècle, le malheur y est héréditaire et la souffrance, par ricochets insidieux, se transmet de génération en génération. Noeud sensible d’où découlent toutes les violences, le souvenir de l’esclavagisme pèse en effet sur les destinées de cette saga familiale ancrée dans l’histoire mouvementée de Cuba. 

Avec en toile de fond les pratiques rituelles de santería, la forme cubaine du vaudou, le récit, peuplé de figures pittoresques – Melecio le jeune prodige de la poésie, Benicio le doux géant, Juanita la sorcière, Esther l’accoucheuse, El Judío le propriétaire de laverie etc… –  adopte le rythme effréné de la parole. Et comme la vie, imprévisible et torrentueuse, les mots charrient dans le lit du texte autant d’imprévus, de rebondissements et de coups du sort qu’il en faut pour captiver un auditoire, aussi rebelle soit-il. De cette prose envoûtante, qui louvoie entre amours passionnelles, meurtres et désirs interdits se dégage en même temps qu’une conception fataliste de l’existence – l’histoire et le malheur se répètent sans fin – comme un espoir lancinant que la poésie pourrait changer le monde. D’un bout à l’autre du roman, l’idée court, incertaine, lumineuse, jusqu’à ce qu’elle s’impose dans un final déroutant. Si l’art et la culture adoucissent les moeurs, seule la littérature permet de s’évader du réel. Vibrant éloge de la puissance subversive de l’imagination, le roman de Carlos Acosta mise ainsi sur les plaisirs diaboliques distillés par l’art du conte.

Écrit dans une langue simple, visuelle et colorée, La Cachette du diable s’inscrit dans la tradition du réalisme magique sud-américain à travers une épopée foisonnante de trouvailles narratives. A lire dans la chaleur moite de l’été.

Odile d’Harnois

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Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur – Photo à la une de l’article : Carlos Acosta © Johan Persson / Sadler’s Wells

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Pour en savoir plus


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       Les éditions KERO : Le site

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0 comments

Répondre Notes
8 juin 2015

Il me semble que lecture au coeur a du un beau coup de coeur pour ce roman.
Celui- ci va rejoindre ma liste d’achat.

Répondre culturieuse
6 juin 2015

Je ne connaissais pas du tout ce danseur qui semble être une célébrité! je tâcherai de lire son livre alors. Merci pour cette info!

Répondre laboucheaoreille
6 juin 2015

Le résumé que vous faites de ce livre me fait penser à Cent ans de solitude. Ca semble y ressembler beaucoup.

Répondre Lectures au Coeur
7 juin 2015

Oui, vous avez raison de penser à « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez. « La Cachette du diable » s’inscrit effectivement dans cette tradition littéraire sud-américaine. Mais ici, le parfum qu’on respire est celui de Cuba et de tous ses paradoxes…

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