ELSA A RETROUVÉ LE SOURIRE : Au croisement de l’art et de l’histoire

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 27 février 2015

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Gabriel Berthod

Paru en 2014 chez Anne Rideau Editions, Collection Littérature et livres illustrés -Roman, 356 pages

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Gabriel Berthod, Elsa a retrouvé le sourire © Anne Rideau Editions, Collection Littérature et livres illustrés – Roman, 2014

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SI VOUS AIMEZ la beauté, l’art et l’histoire, si vous aimez vous pencher sur les turbulences du XXe  siècle pour tenter de mieux comprendre notre époque, si vous aimez les récits fouillés à la documentation riche et précise, alors vous aimerez sans doute Elsa a retrouvé le sourire de Gabriel Berthod.

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Photo : La Joconde en cours de déplacement - Pierre Jahan Archives des musees nationaux

Photo : La Joconde en cours de déplacement

Pierre Jahan Archives des musées nationaux

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RÉSUMÉ

Elsa a retrouvé le sourire retrace l’histoire d’un influent marchand d’art de l’entre-deux guerres, dont les oeuvres ont été volées en 1940 par les services de confiscation allemands.

Soixante-quinze ans après les faits, son fils, Louis-David Vernet, confie la recherche des collections disparues à Guillaume Basquerville, un professionnel de la restitution.

Pour mener ses enquêtes, le sémillant chasseur de tableaux est entouré d’experts : historiens de l’art, spécialistes du droit international, traducteurs et même des provenance researchers, capables de reconstituer le parcours d’une oeuvre, depuis sa création jusqu’à son entrée dans une collection.

Source : Anne Rideau Éditions

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR    

Nourri de la passion de son auteur pour l’art et l’histoire, le premier roman de Gabriel Berthod, Elsa a retrouvé le sourire, nous entraîne dans un voyage temporel d’une grande érudition. Inspirée de faits réels, cette oeuvre de fiction aborde le sujet encore douloureux aujourd’hui de la confiscation par les nazis durant la Seconde guerre mondiale de nombreuses oeuvres d’art, tant dans les musées nationaux que dans les collections privées. Engagé par le fils d’un influent marchand d’art de l’entre-deux guerres, Guillaume Basquerville  – allusion malicieuse d’une part au roman de Sir Arthur Conan Doyle, Le Chien des Baskerville, où Sherlock Holmes dénouait avec son brio coutumier les fils d’une intrigue complexe, mais aussi à Guillaume de Baskerville, moine franciscain, ex-inquisiteur et enquêteur atypique du célèbre roman d’Umberto Eco, Au nom de la rose – Guillaume Basquerville est donc le héros de cette enquête d’un genre inhabituel. En jeune homme de son temps, hyper connecté, habitué à jongler entre son bureau parisien et son antenne new-yorkaise, Basquerville est comme il aime à se définir lui-même une figure moderne d’art detective. Esthète, polyglotte, secret et solitaire, volontiers gastronome, cet enquêteur, fin et cultivé, court le monde dans l’espoir de retrouver les soixante-dix modernes, un véritable trésor pictural qui n’a jamais été restitué à son client au lendemain de la guerre. Assisté de Brigitte, une jolie femme aux longues jambes envoûtantes, diplômée en histoire de l’art de l’Université catholique de Louvain, Basquerville fait appel à tous ses contacts, disséminés aux quatre coins du monde pour élucider l’affaire. Il faudra l’aide inopinée d’Elsa pour le mettre enfin sur la bonne piste.

Texte hybride, qui flirte avec le sérieux et l’exhaustivité des thèses de doctorat, Elsa a retrouvé le sourire est remarquable d’un point de vue purement historique. Basé sur d’importantes recherches documentaires, le récit regorge d’anecdotes, précises, inattendues, frappantes sur  les spoliations culturelles organisées de la Seconde guerre mondiale. Vous apprendrez ainsi comment les nazis entreposaient les trésors qu’ils pillaient dans des mines de sel, pourquoi Rose Valland fut la femme la plus décorée de France ou pourquoi la Joconde a fait un court séjour dans la Sarthe avant d’être mise à l’abri dans l’Abbaye cistercienne de Loc-Dieu, en Aveyron. En revanche, les amateurs de romanesque n’y trouveront pas tout à fait leur compte, tant le récit de cette enquête hors normes reste cérébral. Ni le détective ni son assistante ne prennent vraiment corps dans cette intrigue qui aurait eu besoin d’être sous-tendue par davantage d’émotion et de sensibilité pour gagner sur les deux tableaux, historique et littéraire, à la fois. Nul doute que le personnage de Guillaume Basquerville aura d’autres occasions de prendre de l’épaisseur en mettant son coeur et ses tripes à nu dans de prochaines enquêtes.

Odile d’Harnois

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Nota bene : toutes les photos sont soumises au droit d’auteur

Images may be subject to copyright

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Pour en savoir plus


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❖ Le site de l’auteur : Elsa a retrouvé le sourire

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❖ Le site de l’éditeur : Anne Rideau Editions

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