D’INFINIMENT DE PLUIE ET D’AUBE : Un délicat chemin de renaissance

In: Les notes de lecture d'Odile

On: 3 décembre 2015

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Poésie

François Folscheid

Paru en juin 2015 aux éditions du Petit Pavé, Collection Le Semainier, 88 pages

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François Folscheid, D’infiniment de pluie et d’aube © Éditions du Petit Pavé, Collection Le Semainier, 2015

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SI VOUS AIMEZ l’air, l’eau et la lumière, si vous aimez les plongées intimes au coeur de l’être à la poursuite têtue du sens, si vous aimez la poésie pourvu qu’elle se pare des délicatesses du sentiment, alors vous aimerez sans doute D’infiniment de pluie et d’aube de François Folscheid.

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Photo François Folscheid

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LE RÉSUMÉ

«Je ne vois plus que boue, cendre, dérive de la source. Où est le chant, où est l’enfance, où est le rivage ?
Je ne vois plus le reflet de l’eau au fond des miroirs ; je n’entends plus la corne de fraîcheur au tremblé des rêveries.
Tout se tait, s’éloigne et s’efface.

Seul, le rougeoiement du ciel, au matin, est rouge d’une attente qui embrase l’horizon.»

D’infiniment de pluie et d’aube, page 16

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L’AVIS DE LECTURES AU COEUR           ♥️♥️♥️♥️

 Paru aux éditions du Petit Pavé, le  dernier livre en date de François Folscheid, D’infiniment de pluie et d’aube, glisse sur l’âme dans un souffle vivifiant. Du fond de « la nuit véritable qui tourne, solitaire, sur ses osselets humides » monte l’espoir fou d’accéder à la lumière, de rejoindre enfin, par-delà la douleur qui freine et entrave les élans de l’âme et du coeur, l’aube claire et sereine d’un nouveau jour. Dans un texte à la poésie délicate, qui retrace mot à mot, jusqu’à son apaisante libération, le parcours intime d’un homme en quête de sens, l’eau et la lumière jouent de leurs reflets, s’irisent, coulent, filent, se glissent entre les mailles du souvenir, s’invitent au creux avide des rêves, remontent le fil du temps jusqu’à la fusion originelle de la mère et de l’enfant. « Les yeux grands ouverts sur le monde immense du Dedans », le poète liquide une à une les nappes d’obscurité qui l’aveuglent. Il se bat, il se débat dans les « filets de sel noir » qui l’empêchent encore de descendre au plus profond de l’être « jusqu’au cri de lumière enfoui dans le noir de soi ». La bataille pour la vérité est rude, et le chagrin déverse en pluies continues ses eaux lustrales sur un coeur qui résiste et qui voudrait trouver dans l’art assez de force pour surmonter l’effroyable nécessité d’« étreindre le sang et les ombres ». Et puis, tout à coup, la nuit se défait dans un craquellement d’or et le « sombre noir » laisse place au « bleu franc, total » qui signe l’amorce du renouveau. Symbolisée par le célèbre tableau de Botticelli, La naissance de Vénus cette sortie triomphale des eaux troubles du malheur se fait sous le signe d’une féminité empreinte de douceur. Un rêve d’amour peut alors se déployer dans le coeur du poète et sceller l’espoir « à flanc d’azur » qu’une âme « viendra, en robe de neige, frapper à [sa] vitre d’attente ». Et quand le « je » s’efface soudain devant l’éclat neuf et fabuleux du « nous », une « force germinante » se lève dans le creux uni des mains, qui ressuscite brutalement le goût perdu du bonheur. Au terme de cette extraordinaire aventure intérieure, les mots enfin se sont apaisés comme dissous dans l’urgence de se libérer de soi. Texte où le paysage mental du poète se coule avec grâce dans l’émotion, cette ode délicate à la vie célèbre le courage de plonger en soi et d’identifier ses démons pour mieux s’en libérer. Recueil noyé d’or et de lumière, D’infiniment de pluie et d’aube déploie ses fastes subtils au rythme apaisant d’un lyrisme grave et toujours délicieux. 

O.d’Harnois

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 Pour en savoir plus 

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❖ Les éditions du Petit Pavé : Le site

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2 comments

Répondre Myopaname
3 décembre 2015

Le titre séduit, les mots viennent chercher et t’envelopper. Ce court extrait me fait écho, l’écriture, la délicatesse … va falloir que je le lise 🙂

Répondre caroline D.
3 décembre 2015

Déjà le titre, et puis l’extrait

et enfin tes mots qui coulent
pour nous parler de lui… et de ton impression…
« les mots enfin se sont apaisés comme dissous dans l’urgence de se libérer de soi »

je me souviendrai du nom de « Folscheid »
et j’ouvrirai les yeux
merci Odile

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