LES CAGES THORACIQUES : Partir, aimer, rire

In: Chroniques littéraires

On: 20 mai 2016

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Poésie

Timotéo Sergoï

Paru en février 2016 aux Éditions Le Cormier, 72 pages

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 Timotéo Sergoï, Les cages thoraciques © Éditions Le Cormier, 2016

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SI VOUS AIMEZ la route, les avions et les trains de nuit, si vous aimez partir, aimer et rire, si vous aimez les mots qui se jouent de la mort et la poésie quand elle claque au vent comme un joyeux défi, alors vous aimerez sans doute Les cages thoraciques de Timotéo Sergoï.

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Photo Timotéo Sergoï

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LE RÉSUMÉ

Écrit aux quatre coins du monde, les Cages thoraciques peut se lire comme le carnet de voyage d’un poète nomade. Entre un amour perdu et un amour naissant, Timotéo Sergoï bout d’un désir d’envol et d’ailleurs, traverse des villes en guerre et prend le pouls du monde, chante l’insoumission, la désobéissance et la liberté, en animant au passage un bestiaire étrange et familier. En vers, en prose ou en dialogues, la poésie de Timotéo Sergoï marie l’humour et l’aveu lyrique avec une gourmandise verbale féconde en trouvailles qui nous émerveillent même au plus noir du désenchantement. C’est une poésie portée par la parole et sans doute pensée pour la lecture publique (Sergoï, qui est aussi comédien, est l’un de ces rares poètes qui savent lire admirablement leurs textes), mais avec une telle attention au phrasé, au tempo, aux relances et aux réitérations qu’elle soutient haut la main la lecture sous forme imprimée.

Source : Éditions Le Cormier

L’AVIS DE LECTURES AU COEUR   ♥️♥️♥️

Fuir, là-bas fuir, loin, bien loin de l’émotion qui submerge et qui fait souffrir, c’est ce à quoi s’emploie le poète belge Timotéo Sergoï dans son nouveau recueil, Les cages thoraciques. Pas question pour lui de se soumettre à la dictature du coeur. Il s’évade. De ce thorax où la nature voudrait le confiner, de cette cage où le sentiment et la douleur d’aimer finiraient un jour par le dépecer vivant. Il se quitte pour mieux se retrouver. Il rit, il s’amuse, il prend de la distance. Ne pas coller est devenu son leitmotiv. Ni aux paysages, ni aux femmes, ni à la vie. Il ne s’attache pas. Il se veut libre, d’« écrire [de] jouir [de] partir ». Dans un texte traversé d’intentions ludiques, Sergoï chante l’ivresse de vivre en funambule, en équilibre au-dessus du vide, sous « le soleil qui se noie et nous laisse orphelins ». L’écrivain qui multiplie les pitreries littéraires utilise l’humour pour désamorcer la puissance de destruction des tragédies ordinaires de l’existence. Sa poésie est sonore, irrévérencieuse. Les titres se suivent dans un déferlement malicieux d’onomatopées (couic, paf, crac, zip, raaaah, aïe …), les jeux de mots un rien potaches fusent comme autant de traits de lumière, les parenthèses, les correctifs retiennent les mots au bord de l’émotion. Pourtant sous les éclats de rire, les larmes affleurent. Et le chagrin qui s’invite, qui s’impose, qui fait craquer le texte comme une terre gelée se déverse alors par saccades sur « les plaies béantes » « des amants véritables [qui] s’embrassent en se blessant les lèvres ». À « l’ombre crue de [la] douleur », l’aveu lyrique donne alors de l’épaisseur à cette pétillante mascarade où le poète s’évertue à « danser comme Stan Laurel ». Nuit après nuit, le corps des femmes « comme [tendre] bouée » ravive le temps d’une étreinte la foi en l’amour et la vie. Mais « sans arrêt», l’appel du monde se fait entendre et le voyage de nouveau reprend. L’errance solitaire, « le nomadisme doux »  se poursuit de plus belle entre joie de vivre et désespoir. Texte à dire, à murmurer, à crier, à faire exister dans l’espace par le biais du jeu dramatique, Les cages thoraciques rappelle avec une belle énergie que « nous sommes tous des survivants de la douleur d’aimer ».

O.d’Harnois

 

 

 

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Pour en savoir plus

❖ Éditions Le Cormier : Le site

 

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