LE LIVRE BLOND : Impressions d’enfance

In: Notes de lecture

On: 21 octobre 2016

 ♥️♥️♥️

 

 

Poésie

François Turcot

Paru en septembre 2016 aux éditions Le Cormier et La Peuplade, 64 pages

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François Turcot, Le livre blond © Éditions Le Cormier et La Peuplade, 2016

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SI VOUS AIMEZ les enfants, leur gazouillis d’oiseaux sauvages, leurs rires qui  ruissellent sur le coeur comme des averses de soleil, si vous aimez les tesselles qui suggèrent à elles seules la beauté des mosaïques les plus complexes, si vous aimez la poésie quand elle se décline en fragments de lumière, alors vous aimerez sans doute Le livre blond de François Turcot.

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 Photo : François Turcot

Images may be subject to copyright

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LE RÉSUMÉ

L’origine du Livre blond remonte à une secousse tonique, vive. Nouvellement père, désireux de rappeler un espace d’avant la mémoire pour sa propre fille, François Turcot signe autant de poèmes, d’ellipses, qui pointent un temps qui bascule, se transforme et s’échappe. On y retrouvera un nid d’aigle, des hyènes, des halos; un spectacle de bulles, des araignées profuses, un char d’eau; des ruelles en cris de gorge, des pensées en essaim, des calculs clairvoyants; des regards de braise, le pétillement des viandes, des larmes tilleul; de grandes colères, le vrai noir des campagnes, des marécages fabuleux… Et si l’on demande à l’auteur comment il envisage Le livre blond, il nous dira qu’après Mon dinosaure, c’est son second livre sur le « père », mais qu’ici, tout vibre jaune – effervescent.

Source : Éditions Le Cormier

L’AVIS DE LECTURES AU COEUR    ♥️♥️♥️

Jeune père d’une petite Adèle, l’écrivain québécois François Turcot, désireux «d’archiver le bouillonnement d’un début de vie», rassemble dans Le livre blond des instantanés de bonheur, des éclats de lumière, des effilochures de mystère et comme en surimpression, une «langue neuve», ensoleillée et claire, portée par les eaux vives de la tendresse paternelle. Recueil d’intenses et délicates bribes de vie, Le livre blond renvoie à l’impalpable d’une relation qui, entre un père et son jeune enfant, se construit sur tout ce qui tremble à l’orée du langage : les mystères de la voix qui jargonne, des «larmes tilleul [qui] clapotent», les cris, les hurlements, les pétillements d’un petit corps qui «vibre comme une forêt en train de pousser», la «foudre d’eau» d’un regard qui change. Attentif à la fillette qui ne parle pas encore, aux émotions qui la traversent, à tout ce qui piaffe en elle, à «l’univers [qui la] déborde», le poète renoue avec l’imaginaire de sa propre enfance. Tout un bestiaire se lève alors au fil des pages, des papillons qui «invitent à rêver», des aigles, «mille cygnes», un couguar, un ours et des «poissons aux yeux vifs des lacs qui fondent». Le monde change, se métamorphose, se met à l’unisson des rêves d’Adèle. Par sa seule présence, l’enfant réenchante le quotidien. Les jours défilent, se gonflent de secrets. Même «les heures creuses ont la profondeur du miel». Ensemble, père et fille inventent une nouvelle ère, un temps doux comme le sucre, la confiture, le sable fin et les routes chaudes d’été. Un lien se tisse au fil des sensations partagées, des menues découvertes, des rires complices. Et tandis que la légende familiale prend corps au détour des chemins parcourus main dans la main, «des marécages fabuleux» franchis dans l’espace protégé du salon, des batailles menées côte à côte contre les monstres de la nuit,  le poète dépose dans son livre «une olive, un en-cas, quelque chose de rond – pas une figue mais tout comme, pas une datte mais mieux – un noyau tendre à retrouver», un trésor sensible à conserver au creux de la main, au profond du coeur, comme  une boule de lumière, comme un délicieux rayon de soleil. Déclaration d’amour d’un père à son enfant, Le livre blond cisèle le sentiment dans une écriture pesée, millimétrée, ouvragée. Une poésie délicate et tendre, blonde comme les cheveux d’Adèle, qui pose sur la paternité et la filiation des mots doux comme le bonheur. À offrir sans modération aux jeunes papas.

O.d’Harnois

 

 

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Pour en savoir plus

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❖ François Turcot

est né en 1977. Il habite Montréal, où il enseigne la littérature. De livre en livre, il ouvre des espaces singuliers qui questionnent le poème, ses formes possibles, son travail d’occupation. Aux éditions La Peuplade, à Chicoutimi, on retrouve Mon dinosaure (finaliste du prix du Festival de la poésie de Montréal), Cette maison n’est pas la mienne (prix Émile-Nelligan), Derrière les forêts (finaliste du prix Émile-Nelligan) et miniatures en pays perdu. Aux éditions BookThug, à Toronto, vient de paraître My Dinosaur, traduit vers l’anglais par Erín Moure. Et aux éditions Le Cormier, à Bruxelles, en coédition avec La Peuplade, Le livre blond, son ouvrage le plus récent, qui explore l’enfance et les souvenirs d’avant la mémoire.

Source : Éditions Le Cormier

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❖ Le site des éditeurs :

Éditions Le Cormier

  Éditions La Peuplade

4 comments

Répondre Anita
24 octobre 2016

super intéresant ce livre
merci pour ta revue complète, je le note
passe une bonne semaine
Bisous

Répondre lecturesaucoeur
24 octobre 2016

C’est gentil à vous, Anita 🙂
Excellente semaine également.
Amicalement.

Répondre Cat
21 octobre 2016

Merci, je travaille auprès d’enfants et ce livre m’attire beaucoup. Merci pour cette rencontre. Belle soirée Odile

Répondre lecturesaucoeur
24 octobre 2016

Puisque votre profession vous amène à côtoyer des enfants, vous reconnaîtrez sans doute dans ce livre la fraîcheur de leur regard sur le monde et leur étonnante capacité à ressentir les choses. François Turcot est habile à traduire l’importance et la puissance de l’émotion dans l’univers des petits.
Très belle semaine, Cat

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