CHEMINS D’ENCRE : Un écrivain en quête de sens

In: Chroniques littéraires

On: 17 juin 2016

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Recueil de textes

Michel Baglin

Paru en 2009, réédité en mai 2016 aux éditions Rhubarbe, 200 pages

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Michel Baglin, Chemins d’encre © Éditions Rhubarbe, 2016

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SI VOUS AIMEZ  les livres qui vous happent comme la voix des plus habiles conteurssi vous aimez les écrivains qui se penchent avec tendresse sur leur parcours littéraire, si vous aimez la littérature quand elle s’enracine dans l’expérience concrète du quotidien, alors vous aimerez sans doute Chemins d’encre de Michel Baglin.

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Photo : Michel Baglin

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LE RÉSUMÉ

Comment, dans quelles circonstances, nous vient le goût de lire ? Et la ferveur d’écrire ? L’un et l’autre engagent dans une même aventure, celle de ces chemins d’encre que Michel Baglin nous invite à emprunter, à travers courts récits et pages de carnets. 
De l’enfance enflammée par les nouvelles d’Hemingway, à l’âge mûr où le poids des mots compte double, il nourrit sa flânerie de souvenirs, d’anecdotes et de réflexions sur la façon dont la littérature nous permet de « nous gagner l’ici-bas ». Car cet amoureux des trains qui percent les horizons, et des sentiers qui vous font descendre dans le paysage, en convient : c’est la même insatisfaction – ou le même manque – qui l’aura fait marcher et qui l’aura fait écrire. 
On prend la plume, dit-il, comme on lit : pour le plaisir mais aussi, souvent, parce que cela vous est nécessaire pour vivre. Au bout des contes et des mots, en bout de ligne, ce qu’on cherche, c’est le monde. Et les livres, justement – ces bouquins lus, aimés, écrits, rêvés, projetés, jamais finis, jamais oubliés – ils aident à le comprendre, le monde. Et à mieux l’habiter.

Source : Éditions Rhubarbe

L’AVIS DE LECTURES AU COEUR   ♥️♥️♥️

Quel que soit l’enjeu, il faut du temps pour arriver au but qu’on s’est fixé. Qu’il s’agisse de randonner en montagne ou de concrétiser ses rêves d’enfant, la ligne de conduite à adopter est la même : aller, étape après étape, jusqu’à l’objectif convoité. Dans un livre protéiforme, où souvenirs et réflexions s’entrecroisent dans de brefs récits ou des extraits de carnets, Michel Baglin nous entraîne à sa suite sur les chemins d’encre qui l’ont amené à devenir poète. De l’enfance à l’âge mûr, du premier désir d’écrire à la lucidité de l’auteur confirmé, l’écrivain qui s’émeut de l’étonnante singularité de son parcours cherche à comprendre les raisons de ce qui se présente plus comme une mystérieuse vocation qu’un choix délibéré. Contractés très tôt, le goût des livres, fascinants objets dont les parfums de papier ou de cuir enivrent, l’amour des mots qui définissent jusqu’à la plus infime partie du réel, le plaisir de lire  découvert dans les bandes dessinées du Journal de Mickey, de Tintin ou de Spirou, la passion enfin des voyages immobiles éclose avec la découverte du Vieil Homme et la Mer d’Hemingway ne suffisent pourtant pas à expliquer pourquoi le jeune garçon tout à coup décide d’embrasser le métier d’écrivain. Avec une chaleur et une simplicité de ton qui ne sont pas sans rappeler le talent des conteurs, Michel Baglin explore le passé en quête d’un sens qui lui échappe. « Touché un peu des fées », il cherche des réponses, entre les lignes, quelque part entre rêve et mémoire, là où se lève la poésie. Ses parents, ses amis, les auteurs qu’il admire et sur les traces desquels il voudrait marcher – Camus, Char, Jaccottet – sont autant de figures qui l’inspirent et le poussent à avancer, toujours plus loin, dans la conquête d’une écriture personnelle. Très tôt, l’encre et le mouvement s’entrelacent autour du motif de la ligne, prennent place dans l’imaginaire du poète et orchestrent d’incessants aller-retour entre la vie, le passé et le rêve. La symbolique des trains qui partent, des longues marches dans la nature où l’on entre dans le paysage, de l’effort constant et de l’être en mouvement, cette symbolique de la traversée recoupe celle de l’écriture cursive et de son échappée  sur la page. Leur point commun – le sens qu’inlassablement, il faut poursuivre – se retrouve dans la quête spirituelle qui nourrit le lyrisme poétique de Michel Baglin. Pour ce journaliste de métier, convaincu que «le poète réveille» et nous aide à «prendre pied ici bas», le sensdes mots, des choses, de l’écriture et de la viequi conduit à une meilleure connaissance de soi et du monde décuple l’élan vital, affine les perceptions, polit l’âme et le coeur. Invitation à entrer en poésie, Chemins d’encre est le livre d’un homme qui a réalisé ses rêves d’enfant et qui ne finit pas de s’en émerveiller. Une lecture à recommander à tous les apprentis écrivains.

O.d’Harnois

 

 

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Pour en savoir plus

❖ Éditions Rhubarbe : Le site

❖ Le site de Michel Baglin : Revue Texture

❖ D’autres oeuvres de Michel Baglin sur Lectures au Coeur :

– Un présent qui s’absente : Le rang, la ligne et l’échappée

– Entre les lignes : Un petit livre tendre

 

 

3 comments

Répondre Guy Allix
26 juin 2016

Merci Odile pour ce bel article sur l’ami Michel que j’ai eu la chance de revoir au marché de la poésie dernièrement et il m’a justement offert ce beau livre. Plus qu’un grand, Michel est un VRAI qui nourrit son écriture de la vie, de sa vie, de son sang. L’homme et son œuvre sont en parfaite cohérence. C’est si rare une tel authenticité de nos jours. <3

Répondre Caroline D
18 juin 2016

L’avis… et les trois cœurs… qu’aurait-ce été s’il y en avait eu quatre, de cœurs je veux dire. La critique est belle et honore l’homme et son œuvre. Et on y sent beaucoup de respect, comme les avis que j’ai l’habitude de lire ici.
Et je me permets de reprendre une phrase tirée du résumé… parce que je crois qu’elle résonnera pour la plupart de ceux et celles qui la prennent cette plume… :
« On prend la plume, dit-il, comme on lit : pour le plaisir mais aussi, souvent, parce que cela vous est nécessaire pour vivre. « 

Répondre lecturesaucoeur
20 juin 2016

Merci, Caroline, de rappeler cette nécessité d’écrire qui prévaut chez un certain nombre d’auteurs. Mais ce besoin vital, cette urgence qu’il y a quelquefois à se lancer dans l’écriture et dont on peut dans certains textes ressentir jusqu’à la brûlure n’apparaissent pas ici. À chaque histoire, à chaque parcours correspond un chemin d’encre toujours singulier …
Belle semaine 🙂

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